Bernard Hinault, titres du Tour de France

27 avril 2026

TITRE_SEO: Bernard Hinault et le Tour de France : les 5 victoires d’un patron

Bernard Hinault Titres Tour de France — 10e Escadron

L’essentiel : Bernard Hinault a remporté le Tour de France à cinq reprises — en 1978, 1979, 1981, 1982 et 1985 — rejoignant Jacques Anquetil, Eddy Merckx et Miguel Indurain dans le club très fermé des quintuple vainqueurs de la Grande Boucle. Le « Blaireau » est le dernier Français à avoir remporté le Tour — en 1985, il s’impose à 30 ans devant son coéquipier Greg LeMond, dans un contexte de rivalité interne à la Renault-Gitane devenu légendaire. Hinault incarne une façon de gagner qui n’existe plus : attaquer, dominer, imposer la loi du peloton — une philosophie de compétition qui fait de lui, quarante ans après sa retraite, le coureur cycliste le plus respecté de l’histoire du cyclisme français.

Bernard Hinault et ses 5 titres au Tour de France : l’histoire complète du Blaireau

Quand on guide en montagne et qu’on emmène des groupes sur les cols des Alpes ou des Pyrénées, le nom de Bernard Hinault revient inévitablement. Les routes qu’il a dominées dans les années 1970 et 1980 font partie du patrimoine cycliste de ces massifs — et pour les gens du coin, il reste une référence absolue de ce que ça veut dire de souffrir et de gagner. J’ai grandi avec ces histoires. Le Blaireau qui attaque dans la neige à Liège-Bastogne-Liège les mains gelées, qui fait remonter une bagarre de la Rivi\u00e8re au Giro, qui termine le Tour 1985 avec un oeil au beurre noir après une chute et remonte quand même sur le podium. Voilà ce qu’on raconte dans les cols.

  1. Bernard Hinault — qui est vraiment le Blaireau ?
  2. Les cinq Tours de France de Hinault — édition par édition
  3. Le style de domination de Hinault — ce qui le distingue
  4. 1985 — la finale et la guerre froide avec LeMond
  5. L’héritage de Hinault — ce qu’il représente aujourd’hui
  6. Questions fréquentes — Bernard Hinault Tour de France


Bernard Hinault — qui est vraiment le Blaireau ?

Né le 14 novembre 1954 à Yffiniac, dans les Côtes-d’Armor bretonnes, Bernard Hinault est le fils d’un ouvrier qui lui a transmis le goût du travail et l’horreur du compromis. Il commence le cyclisme tardivement par rapport aux autres futurs champions — à 14 ans seulement — et progresse rapidement jusqu’au rang professionnel en 1974 à 19 ans, au sein de l’équipe Gitane-Campagnolo.

Le surnom « le Blaireau » ne désigne pas un animal timide ou effacé — dans l’argot du cyclisme professionnel français des années 1970, le blaireau désigne le mec qui s’en sort toujours, qui trouve la solution quand les autres abandonnent, qui grogne mais ne lâche pas. Ce surnom lui va comme un gant : Hinault a perdu très peu de courses qu’il a décidé de gagner. Et quand il perdait, c’était souvent contre lui-même — blessures, maladies — jamais par manque de volonté ou de talent.

Un palmarès qui dépasse largement le Tour

Avant de se concentrer sur ses titres au Tour de France, il faut rappeler que Hinault est l’un des rares coureurs à avoir remporté les cinq Grands Tours — il est vainqueur du Tour de France cinq fois, du Tour d’Italie trois fois (1980, 1982, 1985) et du Tour d’Espagne deux fois (1978, 1983). Il a également remporté les cinq monuments du cyclisme : Paris-Roubaix (1981), Liège-Bastogne-Liège (1977, 1980), Tour des Flandres (1981), Paris-Tours (1977) et la Flèche Wallonne (1979, 1983). C’est un palmarès que seuls Eddy Merckx et peut-être Tadej Pogačar peuvent soutenir la comparaison.

💡 Ce que peu de gens savent

Bernard Hinault est le seul coureur à avoir remporté le Tour de France, le Tour d’Italie et le Tour d’Espagne la même année — en 1978 pour l’Espagne et le Tour, et en 1982 pour l’Italie et le Tour. Il a également failli réaliser le triplé Tour-Giro-Vuelta en 1978, mais une tendinite au genou l’a contraint à abandonner le Tour d’Espagne. Ce niveau de polyvalence et de compétitivité sur toutes les épreuves majeures est exceptionnel — même Merckx ne l’a pas reproduit aussi systématiquement.

Les cinq Tours de France de Hinault — édition par édition

Chacun des cinq Tour de France de Hinault a sa propre histoire — une façon différente de dominer, de souffrir, de gagner.

1978 — La première couronne, à 23 ans

Le Tour de France 1978 est celui où Hinault impose sa marque au cyclisme mondial pour la première fois. À 23 ans, il s’empare du maillot jaune dès les premières étapes et ne le lâche plus vraiment. Ce Tour est marqué par une anecdote emblématique de son caractère : à Valence-d’Agen, il organise une grève du peloton contre des arrivées trop tardives imposées par les organisateurs — et mène ses collègues à pied jusqu’à l’arrivée en signe de protestation. Leader des coureurs, leader de la course — Hinault s’impose déjà comme bien plus qu’un simple champion.

Sa victoire finale à Paris devant Joop Zoetemelk confirme une domination à la fois physique et tactique. Il gagne deux étapes en montagne, limite les dégâts contre les spécialistes du chrono, et gère son avantage avec une sérénité qui n’a rien à voir avec la nervosité d’un débutant. C’est déjà le style Hinault — confiant, attaquant quand il le faut, économe quand c’est nécessaire.

1979 — La confirmation éclatante

Le Tour 1979 de Hinault est peut-être son plus dominateur. Il remporte sept étapes — un chiffre qui dit tout sur la puissance de l’homme dans sa plénitude physique à 24 ans. Il s’impose en montagne, au sprint, contre la montre — Hinault en 1979 est capable de tout faire mieux que les autres. Sa victoire finale dépasse les 13 minutes sur Zoetemelk, deuxième — un écart gigantesque qui traduit une domination quasi totale sur l’ensemble de l’épreuve.

C’est sur ce Tour que s’inscrit définitivement la méthode Hinault : prendre le maillot jaune le plus tôt possible, attaquer pour distancer les rivaux, administrer la course dans les dernières étapes pour protéger l’avance acquise. Simple dans le principe, redoutable dans l’exécution.

1981 — Le retour après la blessure

Entre 1979 et 1981, Hinault ne dispute pas le Tour 1980 en raison d’une tendinite chronique au genou qui l’oblige à abandonner le Giro avant de ne pas pouvoir prendre le départ de la Grande Boucle. Cette blessure marque le premier doute sur sa carrière — et sa réponse en 1981 est sans appel. Il revient au Tour et le remporte avec autorité, six minutes devant l’Australien Phil Anderson. Ce Tour 1981 est celui d’une maturité acquise : Hinault sait maintenant gérer les étapes, économiser sur les portions plates, et concentrer son énergie sur les moments qui décident réellement d’une course de trois semaines.

1982 — Le doublé Tour-Giro, une performance rare

En 1982, Hinault réalise quelque chose que très peu de coureurs ont accompli dans l’histoire du cyclisme : il remporte le Giro d’Italia en juin puis le Tour de France en juillet — le doublé Giro-Tour la même année. Ce n’est possible que pour des coureurs capables de gérer leur récupération sur des semaines entières de compétition à haut niveau. Laurent Fignon, Bernard Hinault et Eddy Merckx sont les rares à avoir réussi ce doublé dans l’ère moderne du cyclisme. Cette saison 1982 est peut-être la plus impressionnante de sa carrière sur le plan physique.

Le Tour 1982 se conclut par une victoire de six minutes sur Joop Zoetemelk — l’Hollandais qui aura passé toute sa carrière dans l’ombre de Hinault. Ce Tour est également celui où Hinault confirme sa capacité à changer de rythme à volonté dans les cols des Alpes et des Pyrénées — une qualité qui terrorise ses adversaires.

1985 — Le cinquième titre et la guerre avec LeMond

Le Tour 1985 est le plus dramatique et le plus controversé des cinq victoires de Hinault. À 30 ans, revenant de blessures et ayant eu des saisons difficiles, Hinault arrive à ce Tour avec l’objectif déclaré de remporter un cinquième titre qui l’égalerait à Anquetil et Merckx. Son coéquipier chez La Vie Claire est un jeune Américain de 24 ans du nom de Greg LeMond — dont tout le monde sait qu’il est peut-être le coureur le plus talentueux du peloton à ce moment-là.

Le Tour 1985 se conclut avec Hinault vainqueur, LeMond deuxième à 1 minute 42 secondes — mais la façon dont cette victoire a été obtenue reste l’une des histoires les plus discutées du cyclisme. Hinault a promis à LeMond de lui « rendre l’ascenseur » en 1986. Ce qu’il a réellement fait en 1986 fait l’objet du débat depuis quarante ans.

⚠️ Ce que Hinault dit lui-même sur 1985

Bernard Hinault a toujours revendiqué sa victoire de 1985 sans complexe — et avec raison sur le plan sportif. Il a gagné le Tour malgré un accident dans les Pyrénées qui lui a cassé le nez et lui a valu l’oeil au beurre noir légendaire des images d’archives. Terminer le Tour de France 1985 après une chute aussi sévère et remporter le titre final est un acte de volonté qui, indépendamment de la polémique avec LeMond, force le respect absolu.
Année 2e du classement général Écart final Équipe Étapes gagnées
1978 Joop Zoetemelk 3’56 » Renault-Gitane 3
1979 Joop Zoetemelk 13’07 » Renault-Gitane 7
1981 Lucien van Impe 14’34 » Renault-Gitane 5
1982 Joop Zoetemelk 6’21 » Renault-Gitane 4
1985 Greg LeMond 1’42 » La Vie Claire 5

Le style de domination de Hinault — ce qui le distingue

Ce qui différencie fondamentalement Hinault des autres grands champions du cyclisme, c’est sa façon de gagner — qui révèle un caractère et une philosophie de la compétition rarement vus à ce niveau.

L’attaque comme philosophie

Hinault n’a jamais couru pour ne pas perdre. Il a toujours couru pour gagner — et de préférence gagner en attaquant. Dans les cols, il plaçait souvent ses accélérations décisives là où personne ne les attendait — pas en haut d’une montée, mais dans les 5 premiers kilomètres d’une ascension, quand les adversaires n’étaient pas encore en régime. Cette tactique de choc frontal épuisait les rivaux mentalement autant que physiquement.

Cette philosophie d’attaque explique aussi pourquoi Hinault remportait des étapes dans des configurations très différentes — montagne, contre-la-montre, arrivée au sprint — là où les champions spécialisés des générations suivantes ont souvent un profil plus étroit. Hinault n’était pas le meilleur grimpeur du peloton, ni le meilleur rouleur pur, ni le meilleur sprinteur — mais il était dans le top 3 dans chacune de ces disciplines, ce qui le rendait imprenable.

La gestion du peloton — la dimension politique

Hinault n’était pas seulement un champion — il était un patron au sens littéral du terme. Dans le peloton professionnel de son époque, il avait une autorité morale et physique qui dépassait celle de n’importe quel directeur sportif. Quand il décidait qu’une échappée devait rentrer, elle rentrait. Quand il jugeait qu’un sprint devait se disputer d’une certaine façon, le peloton se pliait à ses règles tacites. Cette dimension politique du cyclisme — aujourd’hui presque disparue dans l’ère des oreillettes et des stratégies d’équipe millimétrées — Hinault l’incarne à la perfection.

La résistance à la douleur — ce que les chiffres ne montrent pas

Hinault a terminé des courses que d’autres auraient abandonné. Paris-Roubaix 1981, gagné dans des conditions de boue et de froid extrêmes où la plupart des favoris ont cédé. Liège-Bastogne-Liège 1980, couru avec des mains à moitié gelées, qu’il remporte avant d’être hospitalisé pour des gelures. Le Tour 1985, terminé avec un nez cassé et un hématome orbital après une chute dans les Pyrénées. Ces épisodes sont devenus des légendes — mais ils révèlent surtout un rapport à la douleur et à l’adversité qui est au cœur de l’identité sportive de Hinault.

1985 — La finale et la guerre froide avec LeMond

L’histoire de la relation entre Bernard Hinault et Greg LeMond mérite un développement particulier — elle est indissociable de la compréhension du cinquième Tour de Hinault.

La promesse

En 1985, Hinault et LeMond sont coéquipiers chez La Vie Claire, l’équipe sponsorisée par Bernard Tapie. LeMond — jeune, talentueux, potentiellement le meilleur coureur de sa génération — accepte de mettre ses ambitions personnelles de côté pour aider Hinault à conquérir son cinquième Tour. En échange, Hinault promet publiquement et explicitement d’aider LeMond à gagner le Tour en 1986 — « de lui rendre l’ascenseur » selon l’expression utilisée.

Le Tour 1986 — la promesse tenue ou pas ?

En 1986, Hinault attaque LeMond dans les Alpes — certains jours avec une agressivité qui ressemble plus à de la trahison qu’à un comportement de coéquipier protégeant son leader. LeMond, épuisé mentalement et physiquement par les attaques répétées de son propre coéquipier, remporte néanmoins le Tour — le premier Américain à le faire dans l’histoire. Hinault termine deuxième.

Depuis, les deux hommes ont des lectures diamétralement opposées de cet épisode. LeMond considère que Hinault l’a trahi en attaquant alors qu’il était censé le protéger. Hinault estime qu’en attaquant, il a « durci » LeMond et l’a forcé à devenir vraiment un grand champion — qu’en faisant le travail facile pour lui, il lui aurait rendu un mauvais service. Ce débat, quarante ans après les faits, n’a toujours pas de résolution définitive — et c’est probablement pour ça qu’il reste aussi vivant dans la mémoire du cyclisme.

L’héritage de Hinault — ce qu’il représente aujourd’hui

Bernard Hinault a pris sa retraite sportive en 1986 à l’âge de 32 ans — une décision prise délibérément, à la différence de beaucoup de champions qui continuent au-delà de leur prime. Depuis, il est resté présent dans le monde du cyclisme — notamment dans les fonctions officielles du Tour de France, où il remet personnellement le maillot jaune aux vainqueurs d’étape.

Le dernier Français

Hinault reste à ce jour le dernier coureur français à avoir remporté le Tour de France. C’était en 1985 — quarante ans d’attente pour le cyclisme français, qui a produit depuis des coureurs de qualité (Fignon, Virenque, Bardet, Pinot, Gaudu) mais jamais un vainqueur final de la Grande Boucle. Cette sécheresse prolongée rend rétrospectivement la domination de Hinault encore plus impressionnante — il était capable de dominer les meilleurs d’une époque où le niveau mondial du peloton était déjà très élevé.

La comparaison avec les champions modernes

Comparer Hinault à Pogačar, Vingegaard ou Sinner en tennis est un exercice qui intéresse les passionnés mais que Hinault lui-même refuse généralement. Les époques sont trop différentes — la nutrition sportive, le suivi médical, la préparation mentale, la stratégie d’équipe sont devenus des sciences à part entière depuis 1985. Ce qui est certain, c’est que Hinault aurait dominé n’importe quelle époque — la compétence pure, la résistance à la pression, et la volonté de gagner sont des qualités intemporelles.

Questions fréquentes — Bernard Hinault Tour de France

Combien de fois Bernard Hinault a-t-il gagné le Tour de France ?

Bernard Hinault a remporté le Tour de France à cinq reprises — en 1978, 1979, 1981, 1982 et 1985. Il rejoint avec ce palmarès Jacques Anquetil (1957, 1961, 1962, 1963, 1964), Eddy Merckx (1969, 1970, 1971, 1972, 1974) et Miguel Indurain (1991, 1992, 1993, 1994, 1995) dans le club des quintuple vainqueurs de la Grande Boucle. Plus récemment, Lance Armstrong avait « remporté » sept Tours entre 1999 et 2005 — mais ses titres ont été annulés suite aux révélations sur l’usage de produits dopants.

Pourquoi Bernard Hinault s’appelle-t-il « le Blaireau » ?

Le surnom « le Blaireau » lui a été donné par ses coéquipiers et les journalistes du cyclisme dans les années 1970 — dans l’argot sportif français de l’époque, le blaireau désigne le type qui s’en sort toujours, qui trouve la solution quelle que soit la situation difficile, qui ne baisse jamais les bras. Ce surnom reflète parfaitement le caractère de Hinault : combatif, tenace, jamais résigné, capable de renverser des situations qui semblaient perdues. C’est un terme de respect dans le milieu cycliste — pas un compliment esthétique, mais une reconnaissance de la valeur guerrière.

Bernard Hinault est-il le meilleur coureur cycliste français de tous les temps ?

La quasi-unanimité des experts du cyclisme répond oui à cette question — avec des nuances sur la comparaison avec Jacques Anquetil, quintuple vainqueur du Tour lui aussi. Hinault se distingue d’Anquetil par la polyvalence absolue de son palmarès : cinq Tours, trois Giros, deux VueltasSinon, les cinq monuments du cyclisme, la médaille d’or aux championnats du monde sur route en 1980. Anquetil était un spécialiste redoutable des courses à étapes, mais moins à l’aise sur les classiques d’un jour. Cette polyvalence totale fait de Hinault le candidat numéro un au titre de meilleur coureur français de l’histoire.

Quelle est la particularité du Tour de France 1979 de Hinault ?

Le Tour de France 1979 est la démonstration de force la plus nette de toute la carrière de Hinault. Il remporte sept étapes — un chiffre exceptionnel sur une épreuve de trois semaines — et s’impose avec plus de 13 minutes d’avance sur son dauphin Joop Zoetemelk. À 24 ans, Hinault est alors considéré comme le coureur le plus complet de sa génération, capable de s’imposer dans des configurations radicalement différentes le même jour sur le même Tour. C’est l’édition qui a convaincu le monde entier que le Breton allait marquer l’histoire du cyclisme d’une façon durable.

Ce que Hinault m’a appris en regardant les replays dans les cols

Bernard Hinault et ses cinq Tours de France, c’est une leçon que j’applique encore aujourd’hui sur les sentiers. Pas la leçon des chiffres ou des records — la leçon de la façon dont on gagne. Hinault attaquait quand les autres attendaient. Il acceptait la douleur comme un paramètre de travail, pas comme une raison d’arrêter. Il dominait par la volonté autant que par le physique. Quarante ans après son dernier Tour, le Blaireau reste la référence absolue du cyclisme français — et le dernier champion que les coureurs adverses craignaient réellement, pas seulement respectaient. C’est une différence qui compte.

✅ Article livré — Bernard Hinault et le Tour de France : les 5 victoires d’un patron

Articles Associés