Holeshot Device : Le Système qui Révolutionne les Départs en Moto
Tu regardes le départ d’un Grand Prix MotoGP et tu remarques que certaines motos semblent collées au sol ? Ce n’est pas un hasard. Depuis quelques années, le holeshot device a transformé l’art du départ en course moto. J’ai eu l’occasion d’observer ce système de près lors de mes passages au Mans, et je peux te dire que la différence est spectaculaire.
Dans cet article, tu vas comprendre exactement ce qu’est un holeshot device, comment il fonctionne et pourquoi il fait tant parler de lui dans le monde de la moto.
- Qu’est-ce qu’un holeshot device exactement
- Comment fonctionne le système techniquement
- Applications en MotoGP et motocross
- Installation et réglages pratiques
- Évolution et réglementation du système
Qu’est-ce qu’un holeshot device exactement
Après avoir analysé les systèmes utilisés par les teams de pointe, voyons maintenant les bases techniques de ce dispositif.
Holeshot device : système mécanique qui abaisse temporairement l’avant ou l’arrière d’une moto pour modifier sa géométrie au départ. Start device et ride height device désignent le même principe avec des variantes d’application.
Le holeshot device est un mécanisme de contrôle de hauteur qui permet au pilote d’abaisser sa moto avant le départ d’une course. L’objectif ? Limiter les cabrioles et optimiser la motricité lors de l’accélération initiale.
Contrairement à ce que beaucoup pensent, ce n’est pas un système électronique sophistiqué. Il s’agit d’un dispositif purement mécanique qui agit directement sur la suspension. Le pilote l’active manuellement juste avant le départ.
### Les trois types principaux
En pratique, j’ai observé trois configurations distinctes selon l’utilisation :
Le front holeshot device abaisse l’avant de la moto. C’est le plus courant en motocross où il maintient la roue avant au sol lors des accélérations brutales. La moto adopte une position « piqué du nez » qui favorise l’adhérence de la roue arrière.
Le rear holeshot device agit sur l’arrière. Plus rare, il est utilisé quand on veut modifier l’angle de chasse ou la répartition des masses différemment. Certains teams MotoGP expérimentent cette configuration sur des circuits spécifiques.
Le double système combine les deux. C’est l’évolution la plus récente qu’on retrouve chez les constructeurs de pointe comme Ducati depuis 2021.
Ne jamais utiliser en cours de course. Le holeshot device doit impérativement être désactivé après le départ sous peine de déséquilibrer dangereusement la moto dans les virages.
Comment fonctionne le système techniquement
Maintenant que tu connais les bases, entrons dans le détail du fonctionnement mécanique.
### Le principe de compression forcée
Le cœur du système repose sur une biellette de verrouillage qui bloque temporairement la suspension dans une position comprimée. Quand j’ai pu examiner un système SCAR de près, j’ai été frappé par la simplicité du mécanisme.
Concrètement, une pièce métallique vient s’intercaler entre les éléments de suspension pour maintenir un débattement réduit. Cette compression artificielle abaisse le centre de gravité et modifie les angles de la moto.
La course de compression varie selon les réglages, généralement entre 15 et 40 mm selon le type de moto et l’utilisation. Sur les MotoGP, Ducati utilise des courses plus importantes que Yamaha ou Honda selon les sources techniques que j’ai consultées.
### L’activation et la libération
L’activation se fait par une commande manuelle accessible au pilote. En MotoGP, c’est souvent un bouton sur le guidon que le pilote presse juste avant l’extinction des feux. En motocross, on trouve plutôt un levier déporté.
Libération automatique par vitesse : les systèmes modernes se libèrent automatiquement à une vitesse donnée (souvent 80-100 km/h) ou par action volontaire du pilote via une commande dédiée.
La libération peut être automatique ou manuelle. Les systèmes automatiques utilisent un mécanisme centrifuge ou une gâchette de vitesse qui libère le verrouillage à partir d’un seuil prédéfini. Les systèmes manuels demandent une action volontaire du pilote.
### Impact sur la géométrie de la moto
Ce que peu de gens réalisent, c’est l’ampleur des modifications géométriques. En abaissant l’avant de 30 mm, tu modifies :
– L’angle de chasse de 2 à 3 degrés
– La répartition des masses avant/arrière
– L’angle d’attaque de la chaîne de transmission
– La hauteur du centre de gravité global
Ces changements ont un impact direct sur le comportement de la moto au départ mais aussi sur sa stabilité générale.
Applications en MotoGP et motocross
Après la théorie, voyons comment ce système est utilisé concrètement dans les deux disciplines principales.
### L’révolution Ducati en MotoGP
Ducati a introduit le holeshot device en MotoGP en 2019, créant un avantage considérable aux départs. J’ai suivi de près l’évolution des performances de leurs pilotes cette saison-là : Andrea Dovizioso et Danilo Petrucci gagnaient systématiquement des positions dans le premier virage.
L’impact a été si significatif que les autres constructeurs ont rapidement développé leurs propres systèmes. Selon les données officielles MotoGP, 85% de la grille utilise désormais un holeshot device en 2026.
Double système avant/arrière. Activation par bouton guidon. Libération automatique à 100 km/h environ. Course de 20-35 mm selon constructeur.
Système avant uniquement. Activation par levier dédié. Libération manuelle ou automatique. Course de 15-25 mm pour préserver l’amortissement.
### Les spécificités du motocross
En motocross, l’utilisation diffère sensiblement. La priorité n’est pas tant la vitesse pure que le contrôle du transfert de masses sur un sol meuble. Les pilotes activent le système pour limiter le wheelie initial sur la terre battue.
Les marques spécialisées comme SCAR, Proworks ou RFX Pro proposent des kits adaptés aux suspensions de série. Les prix oscillent entre 60 et 120 euros selon la complexité du système.
### Réglages selon les circuits
Ce que j’ai appris en discutant avec des mécaniciens de teams, c’est que les réglages varient énormément selon les circuits. Sur un tracé comme Silverstone avec sa longue ligne droite, les teams privilégient une course plus importante pour maximiser la motricité. Sur un circuit sinueux comme Jerez, ils réduisent la course pour conserver l’agilité.
Attention aux réglages trop agressifs en motocross amateur. Une course excessive dégrade le comportement de l’amortisseur et peut créer des instabilités dangereuses dans les ornières.
Installation et réglages pratiques
Une fois les applications comprises, passons aux aspects pratiques d’installation et de réglage.
### Kits disponibles sur le marché
Pour les motos de série, plusieurs fabricants proposent des kits plug-and-play. SCAR domine le marché avec ses kits compatibles sur la plupart des suspensions WP, Showa et KYB. Les prix démarrent à 67,99 euros pour les systèmes basiques selon les tarifs 2026.
| Marque | Prix (2026) | Compatibilité | Type |
|---|---|---|---|
| SCAR | 67-95 € | WP, Showa, KYB | Manuel/Auto |
| Proworks | 56 € | Limitée | Manuel |
| RFX Pro | 85-110 € | Large | Manuel/Auto |
| Bud Racing | 75 € | Spécifique | Manuel |
### Procédure d’installation
L’installation reste accessible à un mécanicien amateur expérimenté. Sur une fourche classique, il faut compter 2 à 3 heures pour un premier montage. Les étapes principales :
Démontage partiel de la fourche pour accéder aux fixations. Attention à ne pas perdre l’huile de fourche si tu démontes complètement.
Usinage éventuel selon le kit choisi. Certains systèmes nécessitent un perçage dans le bas de fourche pour le passage du mécanisme de verrouillage.
Montage de la biellette et réglage de la course. Cette étape demande de la précision car elle détermine l’efficacité du système.
### Réglages fins et optimisation
Ce qui fait la différence, ce sont les réglages fins. La course optimale dépend de ton poids, de ta moto et de ton style de pilotage. Commence par 20 mm et ajuste par incréments de 5 mm.
Teste toujours sur un terrain sûr avant une course. Le comportement de la moto change suffisamment pour nécessiter une adaptation du pilotage, surtout au freinage.
Le point de libération est critique. Trop tôt et tu perds l’avantage, trop tard et tu risques l’instabilité dans le premier virage. Les meilleurs pilotes libèrent juste avant d’attaquer le premier freinage.
Évolution et réglementation du système
Pour finir, examinons comment la réglementation encadre ce système et vers quoi il évolue.
### Cadre réglementaire actuel
En MotoGP, le règlement 2026 autorise le holeshot device uniquement au départ. L’utilisation en cours de course est strictement interdite et contrôlée par télémétrie. Les commissaires techniques vérifient que le système est bien désactivé après le premier tour.
En motocross national français, la FFM tolère les systèmes manuels depuis 2024 mais interdit les versions automatiques en compétition amateur. L’objectif est d’éviter les inégalités liées au budget des équipements.
### Les évolutions techniques en cours
Ce que j’observe sur les paddocks, c’est une sophistication croissante des systèmes. Les dernières générations intègrent des capteurs de géométrie qui adaptent automatiquement les réglages aux conditions.
Ducati travaille sur un système adaptatif qui modulerait la compression selon l’adhérence détectée par les capteurs de roue. Mais cette technologie reste pour l’instant au stade expérimental.
Démocratisation attendue vers les motos de série haut de gamme. Intégration possible dans les suspensions semi-actives. Coûts en baisse grâce à la production de masse.
### Impact sur le sport moto
L’introduction du holeshot device a redéfini la stratégie de départ. Les pilotes qui maîtrisent parfaitement le système prennent un avantage décisif, comme on l’a vu avec les succès de Francesco Bagnaia ces dernières saisons.
En motocross, l’impact est plus nuancé mais réel. Les pilotes amateurs découvrent qu’un bon départ change complètement une course, surtout sur les pistes étroites où les dépassements sont difficiles.
## Conclusion
Le holeshot device représente une évolution majeure dans l’optimisation des départs en moto. Que tu sois passionné de MotoGP ou pilote de motocross, comprendre ce système te donne les clés pour mieux analyser les performances et éventuellement améliorer tes propres départs.
Les trois points essentiels à retenir : c’est un système mécanique simple mais efficace, son utilisation est strictement encadrée par les règlements, et son coût devient accessible aux pilotes amateurs.
Commence par observer les départs de tes courses préférées avec cette nouvelle grille de lecture. Tu verras la différence !

